DUBEDOUT-HUREL-JODLOWSKI > De front
1. Bertrand DUBEDOUT : Zazpiak B  [2012] pour marimba
     
2. Bertrand DUBEDOUT : Zazpiak Z  [2014]
pour flûte, clarinette, violon, violoncelle et piano
   
3. Philippe HUREL : Cantus  [2006]
pour soprano, flûte, clarinette, violon, violoncelle, percussion et piano
   
4. Pierre JODLOWSKI : De front  [1998]
pour clarinette, trompette, quintette à cordes, percussion et électronique
 
Ensemble Court-circuit :
 
Jean Deroyer, direction
Elise
Chauvin, soprano
Jérémie
Fèvre, flûte
Pierre
Dutrieu, clarinette
Jean-Philippe
Wolmann, Jean Geoffroy et Eve Payeur, percussion
Alexandra
Greffin-Klein & Sullimann Altmayer, violons
Laurent
Camatte, alto
Alexis
Descharmes, violoncelle
Didier
Meu, contrebasse
Jean-Marie
Cottet, piano

Enregistré en 2014 lors de la 17e édition du festival Novelum, à Toulouse, ce disque constitue une formidable illustration du concept de « musique active » défendu par le collectif Eole. Notamment par les œuvres des deux compositeurs vedettes du groupe : Bertrand Dubedout et Pierre Jodlowski. Le premier séduit par un art de la relance (Zazpiak B) et de la mobilité (Zazpiak Z) qui évoque quelques aînés (Steve Reich, Philippe Hurel) sans jamais paraître épigonal. Le second affiche, avec De front, une telle dextérité dans le zapping que sa musique pourrait être signée « DJ (Jodlowski) ». Loin de jouer les vénérables doyens entre ses deux cadets, Philippe Hurel fait, avec Cantus, office de court-circuit spectaculaire, à l’image de l’ensemble qu’il a fondé et qui transcende ce programme explosif.  Pierre Gervasoni – LE MONDE

Zapiak : « Dans la langue basque, la locution «Zazpiak Bat», littéralement «Les sept (Zazpiak)» et «un (Bat)», popularisée dès le milieu du XIXe siècle, exprime l’unité identitaire des sept provinces qui forment le Pays Basque de part et d’autre des Pyrénées. […] Le Pays Basque est également le pays de la tradition musicale immémoriale de «Txalaparta» […] Le premier joueur, le Ttakuna, énonce une formule en ostinato. Quelques instants plus tard, le second, Herrena (le boiteux), introduit des syncopes, et petit à petit ce principe élémentaire se mue en une musique d’une richesse et d’une complexité rythmiques invraisemblables. » Les 2 œuvres sont aussi attachantes l’une que l’autre, la deuxième plus développée et plus complexe, mais les deux présentent un univers très poétique.

On reconnaît de suite l’écriture de Philippe Hurel avec Cantus, notamment son énergie rythmique. Cette pièce complexe est basée sur un cantus firmus commenté par la soprano par des phonèmes ou un texte descriptif du déroulement de l’œuvre, parfois avec des accents « Single swingers ». Superbe canon final mêlant voix et instruments.

Enfin, De Front qui donne le titre à l’album : « Le principe de l’œuvre (d’ou la précision "quatuor") repose sur le développement, “en cercles concentriques”, de quatre groupes ou entités (1. clarinette/trompette ; 2. percussion; 3. quintette de cordes ; 4. parties électroniques) se refermant progressivement sur l’auditeur. Cette convergence s’effectue par des processus d’accumulations et de rencontres dans lesquels la perception passe d’états individualisés à un sentiment de groupe ». La partie électronique, très dynamique et variée, occupe une place très prépondérante. Un beau CD de musiques variées, complexes parfois, mais d’une complexité qui appelle à la réécoute.  Thierry Vagne  -  MUSIQUE CLASSIQUE & CO